Diaspora Engagement - French

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Brève introduction

L'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) vise à apporter une meilleure compréhension des liens entre migration et développement tout en créant des passerelles entre les sociétés d'accueil et les sociétés d'origine. L’OIM, forte de plusieurs décennies expérience dans ce domaine, est consciente du potentiel et de l’apport des communautés de la diaspora au regard de leur expertise, leur engagement et leur affinité culturelle avec leur pays d'origine. L'OIM Belgique et Luxembourg soutient pleinement l'approche stratégique globale des 3E (Enable, Engage and Empower) pour la diaspora qui consiste à > permettre, impliquer, et habiliter les communautés de la diaspora qui souhaitent maintenir et améliorer le dialogue à travers les frontières. Dans ce cadre, l'OIM renforce les activités liées aux diasporas en Belgique et au Luxembourg. Afin d'étendre le réseau de l'OIM et de renforcer les communautés transnationales, plusieurs projets visant principalement les pays africains sont lancés et soutenus. Ces projets sont centrés sur la mobilisation des compétences, l’envoi de fonds, les ressources et les connaissances afin de stimuler un développement socio-économique durable.

3E IOM Strategy

Les Projets de la Diaspora de l'OIM Belgique et Luxembourg

Cliquez sur les boutons pour obtenir un aperçu.

La moitié de la population belge issue de l’immigration a des origines en dehors de l’Europe. Elle consiste essentiellement de personnes ayant des origines au Maghreb ou en Afrique Subsaharienne. Ces chiffres sont impressionnants, et il va de soi que l’expertise, l’engagement et les compétences de cette diaspora sont essentiels dans les projets implémentés par l’OIM Belgique et Luxembourg. L’OIM est bien consciente du rôle que peuvent jouer les diasporas en tant que lien entre la migration et le développement, et résultant en un changement durable. Notre bureau continue d’investir dans l’établissement de liens et de s’engager avec les différentes communautés de la diaspora en Belgique et au Luxembourg à travers la stratégie des 3E de l’OIM. De plus, l'engagement de la diaspora a été inclus comme l'un des principaux piliers de la stratégie nationale de notre bureau de pays.

  • Le projet MIDA (2001 - 2012). Le gouvernement du Royaume de Belgique a soutenu, entre 2001 et 2012, l’implémentation des quatre phases du projet MIDA (Migration pour le Développement). Les activités visaient à mobiliser les ressources des communautés de la diaspora africaine résidant en Belgique pour le développement durable des pays de la région des Grands Lacs (RDC, Rwanda, Burundi). À travers l’organisation de missions, des experts et expertes de la diaspora se sont engagés dans le transfert de compétences et de connaissances aux institutions de leur pays d’origine. Les activités se concentraient essentiellement sur les secteurs de la santé, du développement rural, de l’éducation et de la formation. Le projet MIDA soutenait également le renforcement des capacités des institutions et département nationaux à mettre en place des activités d’engagement de la diaspora. Regardez la vidéo "Make a Move" de l'OIM ici!
  • Le project MEDMA (2007, 2012 - 2015). Le projet “La Mobilisation des Marocains Résidant à l’Etranger pour le Maroc” a débuté avec une étude menée par l’OIM en 2007, avec le soutien du gouvernement du Royaume de Belgique. Le projet définit des objectifs stratégiques pour soutenir l’économie sociale dans la Région Nord du Maroc à travers la promotion du secteur privé, de l’entreprenariat, et la création d’entreprises par des Marocains et Marocaines résidant en Belgique. Sur base de cette étude, une seconde phase de projet a été initiée (2012-2015). Celle-ci a permis à une sélection de Marocains et Marocaines résidant en Belgique d’être accompagnés et guidés dans leurs investissements au Maroc dans les domaines de la santé, les services, le tourisme et la logistique. Le projet se penchait également sur la création de mécanismes et d’outils permettant de maximiser l’efficacité et l’impact des investissements de la diaspora. Veuillez trouver plus d’informations au sujet de ce projet dans notre dépliant ici.
  • Cartographie de la diaspora rwandaise (2018). Le gouvernement rwandais est conscient du potentiel de sa diaspora pour le développement économique du Rwanda. Afin de pleinement exploiter ce potentiel, le gouvernement rwandais a lancé, avec les missions de l'OIM respectives, une cartographie de sa diaspora en Belgique, en Allemagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni afin de mieux comprendre les conditions et les facteurs nécessaires d’engagement de la diaspora dans le processus de développement du pays. Le rapport de cartographie (en anglais) est disponible ici.
  • Women4Dev Academy (2018 - 2019). Ce projet visait à renforcer le rôle des associations de femmes de la diaspora africaine installées en Belgique en tant qu’acteurs clés dans le développement de leur pays d'origine. A travers un programme sur mesure de renforcement des capacités, les 11 associations sélectionnées ont amélioré leurs compétences en gestion de projet, en communication et en visibilité, et en gestion financière. Pour plus d'informations sur le projet, veuillez cliquer ici et accéder aux entretiens ci-dessous.
  • Engagement de la diaspora rwandaise en Belgique et en Allemagne dans l'EFTP et le secteur de la santé au Rwanda (2019 - 2021). Le projet vise à répondre aux besoins du secteur de l'enseignement et de la formation technique et professionnelle (EFTP) au Rwanda par l'engagement de membres hautement qualifiés de la diaspora en Belgique et en Allemagne. Grâce à des formations de formateurs, les hommes et les femmes de la diaspora rwandaise renforceront les capacités des professeurs et des étudiants de l'EFTP dans les cours prioritaires des établissements d'accueil de l'École polytechnique du Rwanda (IPRC) dans tout le pays. Les professionnels de la diaspora rwandaise apporteront également leur soutien (au développement) aux start-ups, initiées avec et/ou par les professeurs et les étudiants formés. Avec le soutien du Fond de Développement de l'OIM, la portée du projet a été étendue pour inclure également le secteur de la santé rwandais, en engageant des membres de la diaspora hautement qualifiés résidant en Belgique, en Allemagne, en France, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas pour des activités de renforcement des capacités et de transfert de compétences aux médecins locaux. Veuillez trouver plus d’informations ici
  • Soutien à la migration circulaire et temporaire de la diaspora mauritanienne. L'initiative, financée par l'UE et mise en œuvre par l'OIM Mauritanie, vise à déplacer temporairement 20 membres qualifiés de la diaspora afin de soutenir le renforcement des capacités et le développement des compétences des institutions publiques dans leur pays d'origine. Pour plus d'informations sur la session de sensibilisation organisée à Bruxelles (juin 2019) pour la diaspora mauritanienne, cliquez ici.
  • Engager le personnel médical de la diaspora mauritanienne dans les efforts de secours dans le cadre de la COVID-19. Dans le cadre du projet mentionné ci-dessus, l'OIM, en coordination avec l'OMS et le ministère mauritanien de la santé, recherche des membres de la diaspora travaillant dans le secteur médical qui sont prêts à retourner temporairement en Mauritanie pour soutenir les efforts de secours dans le cadre de la COVID-19. Plus d'informations pour les diasporas intéressées sont disponibles dans ce document
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  • Échange virtuel de la diaspora mondiale. La pandémie COVID-19 a une emprise sur la vie quotidienne des communautés à travers le monde. L'ampleur et l'impact dévastateur de cette crise exigent de nouveaux niveaux de coordination et de collaboration entre les différents acteurs, tels que les gouvernements et les communautés locales. Les groupes de la diaspora ne sont pas seulement souvent les premiers à réagir, mais leur capital politique, social, culturel et humain, associé à leur connaissance approfondie du pays, de ses normes et de ses langues, les place dans une position idéale pour une réponse plus ciblée et adaptée.
    Le premier Global Diaspora Exchange, organisé par l'OIM et iDiaspora en coordination avec de grandes organisations faîtières de diasporas, telles que l'ADEPT, l'ADNE et Demac, a rassemblé des diasporas du monde entier pour partager des expériences et des bonnes pratiques, attirer l'attention sur leur précieux travail et favoriser la collaboration intercommunautaire. Les événements se sont déroulés en anglais (22 avril), en français (20 mai) et en espagnol (10 juin) et leurs résultats sont disponibles sur le site web iDiaspora .
    L'OIM Belgique et Luxembourg a soutenu iDiaspora et l'unité Diaspora de l'OIM dans la sensibilisation des organisations locales de diaspora pour leur participation à cet échange mondial. Le Président de l'Organisation de la Diaspora Rwandaise en Belgique a également participé à l'Echange en tant qu'orateur et a expliqué les efforts de l'Organisation dans le cadre de l'aide COVID-19 au Rwanda.
  • Déclaration commune de solidarité avec les personnes confrontées à la xénophobie en raison de COVID-19 et de la Coalition mondiale des diasporas. Suite à l'échange virtuel mondial des diasporas, deux actions concrètes ont pris forme. Tout d'abord, diverses organisations de la diaspora ont souligné la nécessité de s'attaquer aux récents actes xénophobes dirigés contre les personnes réfugiées, migrantes et la diaspora qui, en raison de la désinformation et des tensions croissantes, sont les boucs émissaires de la propagation de COVID-19. Plus de 230 organisations de la diaspora ont signé la déclaration commune. En outre, les signataires et d'autres organisations intéressées se sont engagés à poursuivre leurs efforts pour relever les défis posés par la situation de COVID-19, en formant une coalition mondiale des diasporas. L'OIM Belgique et Luxembourg s'est engagée à fournir un soutien ad hoc au travail de la Coalition mondiale des diasporas.

Podcast de l'OIM: Diaspora Insights

"Diaspora Insights" est un podcast de l'OIM Belgique et Luxembourg qui vise à créer une plate-forme par et pour la diaspora. Les épisodes mettront en lumière le travail de la diaspora et aborderont des sujets d'intérêt clés. Les podcasts visent à créer une espace sûr où les membres de la diaspora peuvent se réunir et s'exprimer librement et, d'un autre côté, c'est une opportunité pour des personnes qui ne font pas partie de la diaspora d'avoir un aperçu inclusif de leurs activités.
Salomé Aïssatou Olivia

 

Les Voix de la Diaspora

Cliquez pour accéder aux récits de la diaspora qui réside en Belgique.

 

En mai 2019, nous avons célébré la réussite du projet Women4Development Academy, soutenu par l'OIM. Durant ce projet, les organisations qui y ont pris part ont été formées à la gestion de projet, à la visibilité et communication, et à la collecte de fonds.

Picture PluriElles

© Marie-Pierre Nyatanyi, PluriElles

Un an plus tard, nous avons interrogé PluriElles, l'une des organisations qui a participé au projet afin de discuter de leurs activités et de l'impact du projet.

Merci Mme Nyatanyi de nous accorder votre temps pour cet échange. Pourriez-vous nous donner plus de détails concernant les projets de votre organisation, et notamment ceux organisés après la fin du projet Women4Development Academy?

Depuis 2016, les projets et activités de PluriElles tournent autour du livre « PluriElles, Femmes de la diaspora africaine » Karthala, 2016. Les thèmes abordés dans le livre : migration féminine subsaharienne en Belgique, parcours migratoires, stéréotypes et préjugés à l’encontre des femmes africaines et afro-descendantes, rôles des femmes des diasporas dans les sociétés d’accueil et en Afrique servent de fil conducteur aux tables-rondes, conférences, ateliers et colloques qui ont été organisés par la plateforme. Ces activités ont eu lieu à travers la Belgique.

En mars 2019, un "Colloque international sur le leadership des femmes africaines et afro-descendantes" s’est tenu au sein des locaux de la WBI. Il avait pour objectifs entre autres d’analyser la situation et de dégager des recommandations qui serviraient de base aux actions futures de la plate-forme. Une des recommandations, créer des liens et des ponts avec les femmes vivant en Afrique a été mise en œuvre via des conférences organisées en Guinée Conakry en mai 2019, au Sénégal à Dakar en novembre 2019 et bientôt au Cameroun en octobre 2020. Les conférences du Cameroun programmée pour mars 2020 et au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont été reportées pour cause de crise COVID-19.

A l’invitation du Centre d’Action Laïque de Namur nous sommes intervenues lors du vernissage de l’exposition des portraits PluriElles. Cela nous a permis d’être en contact avec un public intéressé par la thématique mais qui n’a pas l’habitude d’assister à nos activités.

L'un des modules clés du projet Women4Development Academy était centré sur la gestion de projet et la soumission de propositions de projet. Depuis la fin du projet, avez-vous soumis avec succès une proposition de projet destinée à un donateur?

Une des recommandations du Colloque international était de résoudre concrètement certains problèmes rencontrés surtout par les jeunes femmes entrepreneuses. Nous avons donc soumis un projet d’accompagnement de jeunes filles africaines ou afro-descendantes ayant un projet entrepreneurial ou désirant se lancer dans l’entrepreneuriat.

Vous avez également reçu une formation relative à la visibilité. Votre association est-elle désormais plus active sur les réseaux sociaux et autres voies de communication?

Le coaching communication nous a permis de développer et d’améliorer notre visibilité sur les réseaux sociaux via le choix des images et des textes les accompagnant. Nous avons aussi pris conscience de certains éléments de communication qui nous manquaient (par exemple le site web) et nous sommes en contact avec un web-developer pour y remédier. Ces corrections ont permis d’accroître notre audience et l’intérêt autour du projet et de la plate-forme.

Quelles sont les prochaines étapes pour votre association?

Les prochaines étapes sont d’agir concrètement sur le terrain que ce soit en Belgique ou en Afrique, de fournir une aide technique et pratique aux femmes africaines et afro-descendantes afin qu’elles soient en mesure d’exercer pleinement leur leadership et d’agir en tant qu’actrics de changement.

© Marie-Pierre Nyatanyi, PluriElles

La COVID-19 a eu des répercussions sur le travail de nombreuses organisations à travers le monde. Des membres de la diaspora ont donc décidé de réorienter leurs activités vers les efforts de secours pour la COVID-19. Comment la COVID-19 a-t-elle influencé vos activités?

La crise COVID-19 a mis nos activités en veilleuse mais nous a aussi donné l’occasion de mettre rapidement sur pied un projet #Masquespourtous qui a démontré si besoin en était comment faire preuve de leadership en situation de crise. En effet, le confinement en Afrique a profondément impacté les femmes qui sont majoritaires dans les activités informelles. Elles devaient donc faire face à la fois à la crise sanitaire et à une crise économique due à l’arrêt des activités sans compensations financières. Nous avons donc financé la production locale de masques protecteurs. Cela a permis à certaines femmes de bénéficier de revenus tout en fournissant des masques à des populations précarisées. L’opération a été menée au Cameroun, en Guinée, au Sénégal en Zambie, Côte-d’Ivoire, en RDC et au Mali et devrait se clôturer avec une intervention au Swaziland.

Un an plus tard, que pensez-vous du projet Women4Development Academy?

La crise COVID-19 a mis nos activités en veilleuse mais nous a aussi donné l’occasion de mettre rapidement sur pied un projet #Masquespourtous qui a démontré si besoin en était comment faire preuve de leadership en situation de crise. En effet, le confinement en Afrique a profondément impacté les femmes qui sont majoritaires dans les activités informelles. Elles devaient donc faire face à la fois à la crise sanitaire et à une crise économique due à l’arrêt des activités sans compensations financières. Nous avons donc financé la production locale de masques protecteurs. Cela a permis à certaines femmes de bénéficier de revenus tout en fournissant des masques à des populations précarisées. L’opération a été menée au Cameroun, en Guinée, au Sénégal en Zambie, Côte-d’Ivoire, en RDC et au Mali et devrait se clôturer avec une intervention au Swaziland.

Merci Mme Nyatanyi pour vos aimables paroles et nous souhaitons bonne chance à PluriElles!

 

Depuis 2018, l'OIM travaille en étroite collaboration avec la diaspora rwandaise pour la mise en œuvre fructueuse des projets de l'OIM. Après un premier exercice de cartographie en 2018, l'OIM met actuellement en œuvre un projet d'engagement de la diaspora rwandaise. Nous avons eu le plaisir de rencontrer Pierre Mugabo du département Jeunesse de l'Association de la Diaspora Rwandaise en Belgique (DRB Jeunesse) pour une interview sur leurs nombreuses activités, sur COVID-19 et sur leur collecte de fonds performante pour le Rwanda.

Picture DRB jeunesse

© Pierre Mugabo, DRB Jeunesse

Pierre, merci d'avoir pris le temps de nous rencontrer. Pouvez-vous nous expliquer plus en détails la structure, le travail et les objectifs de la DRB Jeunesse ainsi que votre rôle?

DRB jeunesse n’est pas une structure indépendante. C’est tout simplement un pôle au sein de la DRB (l’association de la diaspora rwandaise en Belgique) et qui dépend donc de ses objectifs. Les 3 objectifs principaux de notre association sont : l’intégration harmonieuse de notre communauté au sein de la Belgique, le soutien aux projets socio-économiques qui ont un impact en Belgique et/ou au Rwanda et la lutte contre toute forme de négationnisme envers le Génocide qui a été perpétré contre les Tutsis. C’est dans ce cadre-là que nous essayons d’organiser des activités qui vont intéresser et mobiliser la jeunesse. La structure de la DRB Jeunesse est différente de celle de la DRB. Celle de la DRB ressemble à plusieurs autres ASBL : il y’a un président, un vice-président, un secrétaire, un responsable gender, un trésorier et un responsable jeunesse. Mais au niveau de la jeunesse, la structure est beaucoup moins formelle. Il existe un comité fédéral dont je fais partie mais également plusieurs autres sections dans toute la Belgique, 10 au total. Pour l’instant, je suis le responsable des jeunes mais je n’effectue pas ma mission seul. Je travaille avec une équipe composée d’autres jeunes au sein d’une commission.

D’où vient l’initiative de créer la DRB Jeunesse ?   

La DRB a été créé en 2011 dans sa forme actuelle mais ça fait plus de 20 ans que l’association existe. Cela fait donc plusieurs années qu’on se mobilise sur le territoire belge. Il faut aussi savoir que la communauté rwandaise ici en Belgique constitue la diaspora la plus grande du Rwanda. Mais malgré le fait qu’on soit nombreux, la jeunesse a toujours été la catégorie la plus difficile à atteindre. A ces débuts, les activités qui étaient organisées par l’ association touchaient majoritairement les adultes. On voyait rarement les jeunes alors que nous saviongres qu’ils étaient nombreux. La question qui se posait donc était : « Qui sont ces jeunes et comment pouvons-nous les atteindre ? ». Nous voulions donc essayer de les connaître, de les réunir, et de créer chez eux de l’intérêt pour la diaspora rwandaise.

Récemment, nous avons pris connaissance de la grande campagne organisée par la diaspora rwandaise en Belgique pour aider le Rwanda durant la pandémie de COVID-19. Pourquoi la DRB Jeunesse a-t-elle décidé de mobiliser les membres de la diaspora rwandaise pour l'aide au COVID-19 ? Comment l'idée a-t-elle pris forme?

Nous avons compris que c’était le souhait de la diaspora.  Nous avons reçu plusieurs messages sur les réseaux sociaux : Instagram, Twitter et Facebook. Les membres de la diaspora nous demandaient : « Comment pouvons-nous venir en aide aux personnes les plus vulnérables au Rwanda ? ».  Au début, nous nous sommes posé également la même question et on savait qu’il était de notre responsabilité de créer un moyen pour permettre à notre communauté de contribuer et d’aider. L'idée d'un appel aux dons a donc pris forme et, en collaboration avec l’ambassade du Rwanda en Belgique, nous avons fait appel à la diaspora pour qu'elle contribue à hauteur du montant souhaité. C’est un moyen simple de récolter un maximum de fonds afin d’aider au mieux le pays dans la lutte qu’il menait. L’idée est venue du comité, mais c’est la jeunesse qui s’est occupée de la communication. Nous avons eu l’idée de créer un spot vidéo d’appel aux dons afin de rendre le message simple et accessible à un plus grand nombre de personnes.

Quels ont été les résultats concrets de cette campagne ? Comment cela va-t-il aider les efforts de secours COVID-19 au Rwanda?

On a débuté la campagne autour du 14 avril si mes souvenirs sont corrects. C’est à ce moment-là que les brochures et la vidéo ont été postées. Un mois et une semaine après le lancement de la communication, nous avons arrêté la campagne afin d’envoyer l’argent le plus vite possible pour que cela puisse servir. Nous avons pu récolter plus de 40 000 euros que nous avons ensuite envoyés au Ministère des finances et du planning économique au Rwanda. La récolte avait pour but de venir en aide aux plus démunis et nous faisons confiance au gouvernement rwandais qui s’est occupé ou s’occupera de les utiliser au mieux.

©DRB

Félicitations, 40.000 € c'est beaucoup d'argent ! Pouvez-vous expliquer comment vous avez récolté cette somme en si peu de temps ? Est-ce grâce à votre stratégie de communication? 

Il y a deux facteurs qui ont vraiment joué un rôle important. Premièrement, c’est la volonté de la communauté à contribuer. Nous étions dans une période sans précédent. Je pense que cela a créé un sentiment de solidarité fort qui s’est traduit en actions concrètes.  C’est ce que je souhaite mettre en avant : sans la volonté de la diaspora cela n’aurait pas été possible, ils voulaient donner.  Cependant, cela n’aurait également pas été possible sans une bonne stratégie de de communication. Le partage de l’information était essentiel afin de mobiliser les personnes intéressées. Certaines personnes qui ne connaissaient nos activités et qui donc n’y avaient jamais participé, ont quand même contribué. Nous avons même rencontré des personnes n’étant pas d’origine rwandaise qui ont posaient la question de savoir s’il pouvait aussi participer à la récolte. Bien évidemment, notre réponse a été positive: bien que ce soit la diaspora qui organise cela, la participation est bien sûr ouverte à tous. 

La pandémie du COVID-19, a-t-elle aussi eu un impact sur les activités de la DRB Jeunesse?

Oui beaucoup malheureusement. Nous avions tout juste commencé un projet qui s’appelait Rwanda Youth Club qui était un afterwork. Nous avions commencé à la fin de 2019 et nous en étions à la deuxième édition. La dernière édition était en février et fonctionnait bien. L’idée, était d'organiser ce genre d’évènements tous les trois mois. Avec le COVID, il est maintenant presque impossible d’organiser des réunions en présentiel et cela nous a donc vraiment affectés.

Comment voyez-vous l'avenir pour les projets et les activités de DRB Jeunesse?

Dorénavant, nous allons essayer de nous adapter à la situation. Au début, nous souhaitions attendre la fin de que la pandémie, mais l’on se rend compte qu'en 2021 le port du masque sera encore présent. Il faut agir donc intelligemment et tout simplement s’adapter à la situation.  Nous allons actuellement mettre beaucoup d’effort et d’énergie au niveau digital. Avant la pandémie, le digital était utilisé dans le cadre de la communication et du partage de nos activités. Avant la pandémie, nous comptions beaucoup sur la présence physique (comme avec notre afterwork). On va donc essayer d’être plus présents sur les réseaux et de proposer des contenus digitaux qui pourront mobiliser et rassembler la diaspora. Au niveau de la DRB Jeunesse, le but est également d’augmenter la représentativité : c’est à dire mettre en contact un jeune, comme moi, à un autre Rwandais qui est avocat ou ministre pour que cette personne puisse partager son expérience et son parcours. C’est ce que nous faisions au Rwanda Youth Club lorsque nous invitions des jeunes professionnels, qui ont une bonne carrière, à partager leurs parcours et leurs difficultés, pour inspirer d’autres jeunes de la diaspora à travers la plateforme que nous offrions. Mais le but est aussi de montrer qui sont les membres de notre communauté pour leur offrir notre soutien et notre support. C’est donc ce double objectif que nous allons essayer de numériser.   

Merci pour votre temps Pierre ! Nous vous souhaitons à vous et à la jeune diaspora rwandaise bonne chance pour vos futurs projets! 

Merci d'avoir pris le temps de nous rencontrer, Salomé. Pouvez-vous m'en dire plus sur vous?

Merci de m'avoir invité ! J'ai 26 ans, je suis née et j'ai grandi à Bruxelles et j'ai récemment obtenu un master en études africaines. Je travaille également au Musée de l'Afrique à Tervuren depuis deux ans. Pendant mes études, j'ai fait des recherches sur le quartier de Matonge et son lien avec la migration congolaise. Comme beaucoup de congolais, mes parents ont émigré dans les années 1990 en raison de l'instabilité politique et économique de l'époque de Mobutu.

Les études africaines semblent intéressantes ! Pourriez-vous nous expliquer ce qu'est la diaspora et ce qu'elle signifie pour vous?

La diaspora est composée de personnes qui ont migré à l'étranger et où elles ont formé une communauté afin de créer un sentiment d'unité. Il s'agit également des deuxième et troisième générations. Pour moi, la diaspora est importante pour garder un lien avec le pays d'origine sans nécessairement le visiter. Il est également important pour moi de construire mon identité culturelle, c'est un rappel de mes origines. La diaspora est également un moyen de prendre contact avec d'autres personnes dans des situations similaires. Afin d'aborder les idées dominantes sur les diasporas, il est important de se connecter avec d'autres membres et de créer ma propre vision, ma perspective sur des gens comme moi.

Picture Salomé

© Salomé Ysebaert

Pouvez-vous nous expliquer les origines de la diaspora congolaise en Belgique?

La migration congolaise a commencé en 1908, lorsque l'État belge, sous la pression de la communauté internationale, a repris le pouvoir colonial à la suite du scandale du caoutchouc rouge qui a entaché le pouvoir de Léopold II. Dans les années 1950, le nombre limité de congolais qui venaient en Europe se composait principalement d'émigrants, d'étudiants et de domestiques. Mais bien sûr, nous ne devons pas oublier l'Exposition universelle de 1958, durant laquelle plusieurs puissances coloniales ont décidé d'exposer des congolais pour montrer aux belges comment ils vivaient, afin qu'ils construisent aussi des répliques des villages. Les congolais étaient donc utilisés pour divertir les belges. En 1879, 267 congolais ont été exposés, mais malheureusement 7 congolais sont morts à cause du froid lorsqu'ils ont été obligés de dormir dehors. Ces 7 corps n'ont jamais été rapatriés en République démocratique du Congo, mais ont été enterrés près de l'église de Tervuren. Avant l'indépendance de la RDC, les congolais qui venaient en Belgique évenaient pour une courte durée: pour le travail ou les études. En bref, la véritable migration des congolais vers la Belgique est celle d'une migration post-coloniale.

Que signifie Matonge pour la diaspora congolaise?

Matonge est un quartier de la commune d'Ixelles à Bruxelles qui s'étend de la "Chaussée de Wavre" à la "Chaussée d’Ixelles". Il n'est pas loin du Palais Royal, du quartier européen et de l'avenue Louise. C'est un lieu de rencontre pour la diaspora congolaise ; ce n'est pas nécessairement l'endroit où ils vivent, mais où ils se rencontrent, prennent un verre, font leurs courses, etc. Il y a aussi un Matonge à Kinshasa, ce qui montre vraiment le lien entre le Congo et la Belgique.

Quelle est l'histoire de Matonge?

L'histoire de Matonge ne peut être séparée de l'histoire de la migration congolaise, car les premiers congolais arrivés après l'indépendance du Congo ont essayé de vivre près ou à Matonge. Pour plusieurs raisons : ce n'est pas loin de l'Université Libre de Bruxelles, près de l'ambassade du Congo et des boutiques de luxe. La première vague de migrants congolais était composée de diplomates ou de personnes de statut supérieur ayant fui le Congo pour des raisons politiques.

Pourquoi trouvez-vous important de parler de la diaspora?

Tout d'abord, pour des raisons historiques. Parce qu'il y a un lien direct avec la colonisation de la République démocratique du Congo, ce n'est pas un hasard si les congolais ont migré de partout vers la Belgique. C'est une nouvelle génération qui a été écartée pendant trop longtemps, alors qu'il y a tant de talents dans la diaspora congolaise. Nous avons des gens qui ont une éducation supérieure, des artistes et des musiciens. Mais même après plus de 50 ans en Belgique, la diaspora congolaise est toujours confrontée à beaucoup de racisme, à des chances réduites de louer une maison, de trouver un emploi et elle est victime de préjugés coloniaux.

Merci Salomé pour cette conversation intéressante! Nous vous souhaitons bonne chance pour vos futurs activités!

 

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